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Témoignages - Page 4

  • Puisque je vous dis que le Réseau, cela ne marche pas !

    réseau,réseautage,networking,bommelaer, enjeux,dirigeants,outplacement,job,emploi,recherche d'emploiLorsqu'au début du XXIe siècle, j'ai découvert l'exceptionnelle puissance du Networking, j'ai commencé à donner de magnifiques conférences sur ce noble sujet et ces apparitions publiques, dont l'audience aurait pu tenir dans une cabine téléphonique, ont généré quelques rares demandes de "rendez-vous Réseau".

    Un jour, je vois arriver à mon cabinet un "réseauter forcé", vous savez ce type de personne à qui on a dit : "vas-y donc le voir, c'est un monsieur qui se dit grand spécialiste du Networking, ton cas n'est peut être pas complètement désespéré !"

    Monsieur Bison - appelons-le Monsieur Bison - s'assoit en face de moi, les bras croisés, les jambes croisées, dans l'attitude typique de la personne ouverte aux bons conseils.

    Il m'explique que, dans le cadre de sa recherche d'emploi, malgré toutes les recommandations insistantes de ses amis, il ne veut pas faire de Réseautage parce que "le Réseau cela ne marche pas."

    Prenant mon ton le plus docte du "grand Sachant" depuis peu, je m'efforce de reprendre l'histoire du Réseau depuis Jésus Christ et de lui démontrer de façon scientifique, mathématique, psychologique et épidémiologique que le Networking a toujours fonctionné, fonctionne encore et fonctionnera toujours, et cela jusqu'à la nuit des temps.

    Devant son air renfrogné, sa moue dubitative, son œil torve, sa façon compulsive de se tirer la chaussette gauche, ma subtilité épidermique me susurre suavement dans la pavillon de l'oreille que je n'ai pas réussi à le convaincre. 

    Je tente un nouvel essai, j'appelle les grands hommes du Réseau à mon aide : John Kennedy, Benjamin Franklin, Clémenceau, Edgar Faure, Adamo, etc. Ce puissant renfort n'ébranle en rien mon interlocuteur qui, derrière un mutisme désabusé, campe sur sa position.
    De guerre lasse, je lui assène une dernière question ouverte, légèrement liftée, le long de la ligne : "Monsieur Bison, pourquoi n'essayez-vous pas une fois. Juste une fois ? Pour voir ?" 

    Il me sert alors l'argument massue brisa ma patiente argumentation :

    "Dans ma boite, je connais un gars qui a fait du Réseau. Ben, ça n'a pas marché. Ben ouais, il est mort en arrivant à son premier rendez-vous. Crise cardiaque !"

  • Melons et pastèques du Réseau

    Melon et pastèque.jpgAu cours d'une démarche Réseau menée avec le grand professionnalisme exigé par les experts du Networking, on se retrouve un jour ou l'autre devant un individu qui a pris la grosse tête.

    Ce type de rencontre est rare. Elle est d'autant plus intéressante et précieuse.

    La personne qui a "pris le melon" ne se distingue pas au premier abord. Il n'a pas forcément une grosse gourmette, une pochette, une montre en or, un brushing particulier ou des Berlutti cirées à l'Elysées.

    Il se dévoile quand on lui demande de parler de lui, de sa vie, de son oeuvre et de sa future postérité. Pour lui, c'est le grand moment de bonheur, l'extase cosmique, le nirvana orgasmique. 

    Il prend le même plaisir si on l'interroge sur sa vision du métier, du secteur ou de l'univers. Tout d'un coup, il devient un mélange de Stephen Hawking et de Jean Tirole. Et on n'a pas d'autre choix que de l'écouter religieusement, en prenant frénétiquement des notes et en feignant l’ébahissement le plus profond. 

    Attention cependant à la boulette : pas de fou rire inextinguible pendant ce moment unique. Ni de bâillement incoercible. Ne pensons même pas à regarder par la fenêtre le pigeon qui nous fait les gros yeux derrière la vitre. Ne scrutons pas non plus le bureau de notre bourreau du Réseau, à la recherche d'un nain de jardin caché.

    Devant un individu qui a une bonne pastèque vissée au dessus du costume, le mieux est d'apprécier l'expérience Réseau qui nous est offerte. Il y a en effet un aspect ethnologique intéressant à étudier la paon qui fait la roue. Car des bipèdes comme cela, on n'en voit pas souvent.

    Et la cerise sur le gâteau dans ce type d'expérience, c'est que notre interlocuteur, une fois que l'on a passé sa porte pour se précipiter au bistro d'en face afin de se taper un triple whisky sans glaçons, est persuadé qu'il vous a rendu service.  

  • Le Réseau vu par les idiots

    Diplome.jpg

     

     

    C'est l'histoire entendue d'un recrutement en 2014.

    Le Président Directeur Général et le Directeur Général échangent leurs points de vue sur les candidats au poste ouvert de Directeur Marketing.

     

    PDG : Alors, Philippe, qui est pour vous le meilleur candidat pour le poste ?

    DG : Il n'y a pas photo, c'est le candidat rencontré lundi, l'actuel Directeur Marketing de Globus, qu'il faut prendre. Il coche toutes les cases en termes de compétences et d'expérience et sa personnalité colle parfaitement avec les valeurs de notre entreprise.

    PDG : Mmm

    DG : Vous n'êtes pas de mon avis ?

    PDG : Effectivement sur le papier, c'est un excellent candidat. Mais il y a un gros problème.

    DG : Ah oui, lequel?

    PDG : il n'a pas fait la même école que nous deux ! Il est diplômé de l'école concurrente !

    Moralité : le recrutement s'est orienté vers un autre candidat qui avait fait LA bonne école. Cette histoire est désolante. Elle traduit hélas les petites guerres stériles que certaines écoles se livrent encore en France alors que la compétition est internationale et se moque éperdument de ces querelles de clocher.

     

  • Un entretien Réseau de légende

    Singe pistolet.jpgRécit de Georges Kaplan, Directeur de la stratégie chez Hitch & Allen, qui raconte un entretien de légende avec un networker "spécial":

    L'homme prit place devant moi. Il était manifestement bloqué, au point qu'il ne pouvait parler que par le truchement d'une poupée de ventriloque.

    Il se présenta en quelques phrases lapidaires. Mal à l'aise dans cet exercice, il insista sur sa loyauté en me disant qu'il était particulièrement "rectal avec ses supérieurs". Il mit également en avant son gros réseau en m'expliquant qu'il avait "beaucoup d'entrejambes".

    Son projet professionnel était aussi clair qu'un cours de mécanique des fluides pour un bouledogue lobotomisé. Je lui en fit la remarque avec des mots choisis et mouchetés pour ne pas le vexer. Il m'expliqua qu'à son humble avis mon QI devait certainement plafonner au même niveau que ma température corporelle.

    Je crus qu'il plaisantait mais ses yeux exorbités, son souffle court et le léger filet de bave incontrôlé qui coulait le long de sa lèvre inférieure indiquaient qu'il était on ne peut plus sérieux.

    Lorsque je pris la parole pour lui expliquer ma vision du métier, je remarquai que, sous ses sourcils broussailleux, ses petits yeux noirs inquiets s'agitaient bizarrement tels deux yoyos frappés d'un parkinson frénétique.

    Sentant que je le dévisageais pour mieux le décrypter, il cacha subitement son regard soupçonneux derrière des lunettes noires aux verres aussi épais qu'un club sandwich.

    Par le suite, chaque fois qu'il me posait une question, il ponctuait celle-ci par un rire plus proche du hennissement de cheval que du subtil gloussement contrôlé admis dans les règles internationales du Réseau.

    Il n'oublia pas de me demander des contacts, comme le Réseau le commande une fois que le lien entre deux individus consentants est établi. Il a sorti alors de sa valise l'annuaire des pages jaunes de Paris en commençant par les lettres Aa. D'un façon habile et avec une grande finesse, j'ai commencé à lui expliquer lentement que je ne lui donnerai pas de noms compte tenu de projet anémique. Il arriva subtilement à me faire changer d'avis en sortant un Python 357 magnum et un Walther PPK chargés et en les posant sur mon bureau, les canons négligemment dirigés vers ma cravate Hermès. 

    Enfin, lorsque je lui signifiai la fin de l'entretien, il se lança dans un long et ésotérique remerciement dans lequel il me situait globalement entre le génie céleste d'Einstein et le zénith du raisonnement du babouin primate du centre de l'Amazonie.

    Je le raccompagnai à la porte de mon bureau. Au lieu de me tendre la main comme la bienséance le prescrit, il me tendis une banane que je serrai mollement de peur qu'elle ne soit trop mûre.


     

  • Le pire rendez-vous Réseau de ma campagne de Networking


    bommelaer,enjeux,dirigeants,outplacement,emploi,réseau,networkingJe m'appelle Henri, je suis Directeur Financier et, il y a un an, j'ai commencé un accompagnement en outplacement avec Herve Bommelaer.

    Mon objectif était de retrouver un poste de Directeur Financier. La difficulté résidait dans le fait que je ciblais le secteur du luxe alors que je venais de l'univers des medias (presse puis radio)...

    Après avoir effectué le travail de visibilité auprès des chasseurs de têtes et sachant que je ne trouverai rien sur les job boards, je me suis lancé à corps perdu dans l'activation du Réseau. J'ai commencé par solliciter des rendez-vous auprès de mon premier cercle qui m'a connecté au deuxième cercle. 

    Beaucoup de professionnels ont accepté de me recevoir et m'ont donné des conseils. Jusqu'à ce jour funeste où j'ai rencontré Isabelle, Directrice Financière, d'une filiale d'un des grands groupes que je visais.

    C'est Herve qui m'avait donné son nom. A priori, l'entretien devait être cordial et facile puisque c'est ce même Herve qui l'avait accompagnée pendant sa recherche d'emploi quelques années avant.

    Isabelle me reçut froidement et, après ma PP2M et ma demande de conseils, elle commença à me questionner sur mes motivations pour rejoindre le secteur du luxe. A chacune de mes réponses, elle faisait la moue et me lançait un commentaire du style: "c'est banal, ce que vous dites", "vous ne me convainquez pas" et "il y a tellement de gens qui veulent entrer dans notre secteur"...

    A la fin de l'entretien, dépité, je ne lui ai même pas demandé des contacts...

    Je suis rentré chez moi déprimé et, le lendemain, j'ai raconté mon histoire à Hervé en lui disant que cela avait été le pire rendez-vous Réseau de ma courte carrière de networker!

    Un mois après cet entretien, Isabelle m'appelait pour me parler d'un poste qui se libérait dans le groupe. Quatre mois plus tard, après 7 entretiens, je prenais le poste.

    Pour la peine, quelques semaines après mon arrivée au siège, j'ai invité Isabelle à déjeuner.

    Moralité: on ne sait vraiment jamais comment va se passer un rendez-vous Réseau. Et, surtout, ce qu'il va produire!