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24/04/2008

La France cultive sa différence

Dans le numéro des Echos daté du 21 avril 2008, vous trouverez un article intitulé "Ressources humaines: les priorités des patrons". Il s'agit de la synthèse d'une enquête sur les priorités RH vues par les dirigeants d'entreprise. Cette étude a été menée par le BCG et le WFPMA dans les plus grands pays industriels.

La conclusion est claire: la France n'a pas les mêmes priorités RH que les autres pays. En effet nos responsables d'entreprise place en priorité n°1 la mesure de la performance RH, alors que les patrons étrangers ne l'évoquent même pas dans leur classement...La France classe en urgence n°2 l'engagement des salariés tandis que nos principaux concurrents, là encore, n'en parlent pas...

Quelles sont les priorités RH des autres pays? Il s'agit dans l'ordre de:

1) La gestion des talents (en France, cela n'apparaît qu'à la 4e place...)

2) Le développement du Leadership (qui n'intéresse pas les patrons français)

3) Transformer le groupe en organisation apprenante (ce n'est pas un préoccupation de nos dirigeants hexagonaux, alors que les autres pays plébiscitent la formation, les universités d'entreprise et la création de réseaux d'experts et le Réseautage interne)

4) Gérer la problématique démographique (à noter que cette préoccupation ne concerne que les pays occidentaux).

 

Cultiver sa différence constitue une posture intéressante et fort sympathique. Dans ce domaine, la France a clairement un réel talent. L'ennui, c'est qu'à force d'être toujours décalée, trop en avance ou trop en retard, elle n'adopte pas le bon tempo et risque de se retrouver en dehors de la course. Est-ce que les patrons français, à force de vouloir être toujours les plus intelligents, ne se trompent pas de combat?

Commentaires

Le troisième point est peut être à modérer un peu si j'en crois cet article de Guy Boulet sur les demandes de formation des employés américains qui passent de plus en plus en dehors du circuit institutionnel http://www.guyboulet.net/pages/content/view/143/34/

ce qu'il dit "les travailleurs demandent de plus en plus de formation mais les employeurs ne leur offrent pas plus de soutien pour le faire."

Je me demande d'ailleurs s'il n'y a pas de plus en plus un décalage entre la moyenne des patrons et la moyenne des employés.

Ceci étant, je suis bien d'accord pour dire que le pilotage par les indicateurs considéré comme la mesure universelle est une plaie probablement française mais certainement affligeante !

Quant à l'engagement des personnes, la problématique de la motivation est très présente en France, notamment quand on parle d'apprentissage (éducation). peut être qu'à l'étranger, on pense que la mise en place d'un contexte valorisant est suffisant, peut être qu'en france, on pense que tous les maux viennent du manque de motivation, d'où la volonté de réhabiliter la valeur travail par exemple qui seule, serait capable de valoriser les personnes.

Concernant le manque d'engagement, il s'agit bien sur de le penser dans le cadre de l'entreprise. Je me demande, et la question est réelle, si mettre sur son CV que l'on a été candidat aux élections municipales serait bien ou mal vu chez un futur employeur ? Preuve de capacité d'engagement ? Alors que la politique est vu, par beaucoup, comme le pire des maux ?

Ecrit par : Jadlat | 01/05/2008